Portraits de militants : Enyonam Gadagbui au Togo

Enyonam Gadagbui (c) AI
Enyonam Gadagbui (c) AI

« J’ai réalisé que la vie était vraiment précieuse, et que les gens avaient des droits, quel que soit leur mode de vie. »
Militante : Enyonam Gadagbui, 23 ans, Togo
Enyonam participe au Forum des jeunes d'Amnesty International et s’intéresse tout particulièrement aux droits des femmes.

 

Un jour, quand j’étais étudiante, j’ai vu un homme lire un rapport d'Amnesty International à la bibliothèque. Je n’ai pas osé le déranger et j’ai passé mon chemin. Un an plus tard, j’ai vu un autre étudiant avec un document d'Amnesty International, et je lui ai demandé de quoi il s’agissait. Il s’est avéré qu’il était responsable du groupe local d'Amnesty International et il m’a expliqué que c’était une organisation qui défendait les droits humains dans le monde entier.

J’avais été en charge des questions relatives aux femmes dans une organisation étudiante pendant deux ans, et je m’intéressais aux droits humains, en particulier aux droits des femmes. Aussi, dès la semaine suivante, je me suis rendue à une réunion du groupe local.


En août 2010, j’ai suivi un stage de formation dans le service Campagnes au siège de la section togolaise et j’ai été membre du comité organisateur du Forum des jeunes 2010. J’ai utilisé certaines des stratégies que j’avais apprises pour collecter des signatures pour notre campagne contre la mortalité maternelle, en lien avec les Objectifs du millénaire pour le développement. J’ai veillé à ce que tous les participants au Forum des jeunes apportent une pétition à chaque activité, et j’ai accompagné le groupe sur le marché, sur la plage et dans d’autres lieux publics pour faire signer la pétition. Au final, nous avons recueilli 1 768 signatures pendant ces trois jours.


J’ai aussi travaillé sur une campagne contre la peine de mort au Ghana, avec notamment la création d’un groupe Facebook invitant les amis à rejoindre la section togolaise d'Amnesty International et à l’aider à recueillir des signatures sur la pétition.

Je suis une nouvelle militante, et toutes ces actions m’ont permis de découvrir les lignes de conduite d'Amnesty International et d’expérimenter concrètement le travail de campagne. Cela a beaucoup changé ma vie et ma façon de voir les choses : j’ai réalisé que la vie était vraiment précieuse, et que les gens avaient des droits, quel que soit leur mode de vie.


Le plus difficile pour moi a été de réviser mes positions sur la sexualité. Je suis issue d’une famille chrétienne et j’ai été élevée dans le dégoût des gays et des lesbiennes, et non dans l’idée qu’il fallait les protéger de la discrimination. J’ai eu beaucoup de mal à accepter un point de vue différent mais, après de nombreux débats et explications, j’ai compris qu'Amnesty International ne cherchait pas à promouvoir l’homosexualité, mais à défendre le droit des gens de vivre leur vie.


La section togolaise m’a non seulement formée et m’a permis d’acquérir une expérience en tant que membre du comité organisateur et que chargée de campagne, mais elle m’a aussi équipée d’un ordinateur avec un accès à Internet pendant ma formation, ce qui m’a beaucoup aidée dans mes recherches et mon action militante. Elle continue de m’inviter à participer à des actions, et je suis vraiment heureuse et reconnaissante d’être membre de cette formidable organisation. Cinq de mes amis ont rejoint la section togolaise d'Amnesty